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close your eyes, here goes another round || shannon m. gregory
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Messages : 43
Date d'inscription : 10/10/2018
Mer 10 Oct - 17:20
Gregory ; Shannon Meghan
ft. tachibana mei de suki-tte li na yo

Âge : vingt-et-un ans
Date de naissance : un premier novembre mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept.
Origines : italiennes, de par sa mère
Nationalité : américaine
Groupe : poor
Études : étudiante en première année de master arts plastiques, membre du club d'art (littérature)
Orientation sexuelle : problématique, ce qu'elle aime c'est l'amour
Etat civil : l'état dit qu'elle est célibataire, pourtant elle se considère avec quelqu'un
Situation familiale : parents divorcés mais sans mésentente, fille unique
Situation financière : relativement correcte pour une prolétaire, même s'il faut éviter les folies
Caractère




Shannon, c'est l'infinité de nuances d'une palette. Elle existe dans un kaléidoscope de couleurs, virant de l'une à l'autre et ainsi de suite en fonction de la situation, des gens autour d'elle, de si elle s'est levée du pied gauche ou droit. Shannon, d'un jour à un autre, peut être une personne très différente. Elle a ce quelque chose, versatile, qui donne bien de la difficulté à la suivre quand elle parle sincèrement de quelque chose qui la passionne. Peut-être parce que, dans les faits, il est très probable que ça ne la passionne qu'un court temps, ou alors irrégulièrement.

Elle danse entre d'autres sphères, dans le minuscule univers dont elle est le centre. Là-bas il n'y a personne à aimer, personne à détester non plus, là-bas il y a son silence et ses troupeaux de questions. Et elle contemple sa propre curiosité, qui la laisse toujours dans les nuages. Parfois, elle se demande si elle est seule à penser comme elle le fait. Son cerveau saute : vous parlez de neige ? Elle va se souvenir de quelque chose, qui va la mener à autre chose, qui va encore la mener ailleurs. Alors, forcément, il arrive qu'elle réponde complètement à côté de la plaque.

Elle sait parfaitement se concentrer quand il le faut, mais "quand il le faut" c'est quand elle a quelque chose à y gagner. En d'autres mots : elle ne s'attarde pas sur ce qui ne l'intéresse pas. Parfois, pourtant, elle se force. Elle fait mine d'écouter, elle tend l'oreille, et elle peste intérieurement de se laisser embarquer dans ce genre de conversations inutiles. Elle adore, idolâtre, les mots. Mais elle n'aime pas la façon dont les gens en usent.

Shannon, c'est un caméléon social. Elle connait les gens, les comprend trop facilement si bien qu'ils sont ennuyeux. Elle sait quoi dire, quand le dire, à qui le dire. Elle fixe, observe, analyse par automatisme le sens des mots employés, la formation des phrases, le ton et la posture. Pour elle, ce sont des choses qui lui viennent aussi simplement que le fait de respirer. Alors elle s'entend avec tout le monde. Elle accorde son violon, tâchant quand c'est possible de ne pas trop s'éloigner de son propre avis. Relativement complexe, quand elle n'est pas toujours sûre de ce qu'elle pense de telle ou telle chose.

On la dit fausse parce qu'elle s'adapte très aisément. Ce n'est pas le genre de chose qui la blesse, même si c'est apte à la faire douter, étant donné qu'elle cherche encore comment se définir elle-même. Elle a ce caractère simple, doux, qui veut toujours à tout prix éviter les conflits. Elle est réservée, préfère acquiescer même quand ça ne lui va pas, reste au pas d'une porte pendant de longues minutes quand elle a peur de déranger. Et parfois, ça la fait paniquer de ne pas savoir ce qu'il se passe, parce qu'elle a l'impression de perdre le contrôle.

Elle déteste quand on met des jours à répondre à ses sms, elle se demande pendant une éternité si elle a fait quelque chose de mal. C'est une personne coupable, elle en a au moins le sentiment. Et pourtant, elle fait la forte tête. Elle sourit, rigole, et dit que ça ne l'atteint pas, là où dans les coulisses ce n'est que les ténèbres dévorantes. Quand les choses ne vont pas comme prévu, elle n'existe plus et préfère pleurer que trouver de véritables solutions.

Shannon est très dramatique. Amante de la tristesse, elle passe parfois des heures à se souvenir de choses déplaisantes pour le plaisir malsain de se demander ce qu'elle aurait pu mieux faire. Elle souffre, tout le temps, parce que c'est l'une des rares choses capable de la faire se sentir un peu plus humaine, un peu plus vivante. Humaine, parce que sa capacité d'analyse lui pousse dans un coin du crâne continuellement qu'elle frôle la psychopathie. Et vivante, parce que depuis le départ de sa moitié tout lui paraît terriblement fade.

Elle se cache toujours. Ou alors, au contraire, elle s'expose ? Si on lui demandait, elle ne saurait probablement pas quoi répondre. Son psy lui a dit de lire des livres sur des situations qu'elle a vécu, pour se conforter dans le sentiment de ne pas avoir mal fait les choix qu'elle a fait par le passé. Alors elle le fait, vaguement certaine de l'efficacité de la chose, en gardant sa vilaine manie frustrant les autres de ne jamais lire les dix dernières pages de ses bouquins. Pourtant, après, elle se sent toujours effectivement mieux d'avoir lu des choses complexes. Elle aime flatter discrètement son propre égo, en se disant qu'elle a comprit quelque chose d'abracadabrantesque. Encore faut-il l'accepter ainsi, cela dit.

Elle préfère occuper son temps, essaie de se leurrer l'esprit pour ne pas fondre dans ses affres. Elle vacille un peu, mais tient bon lorsqu'elle s'adonne au dessin, à la peinture. Elle adore ça, l'art, sous toutes ses formes. Parfois elle grimace aux excentricités, fait la dégoûtée du modernisme exagéré, mais elle est également la première à tenter quand elle se retrouve seule, pour tenter de comprendre, le cœur battant à l'idée de faire quelque chose de différent pour une fois. Sa puissante empathie lui permet de souvent se mettre à la place d'un autre artiste, ou au moins d'essayer de façon constructive.

Son véritable péché mignon, c'est l'écriture. Et la philosophie. Sa famille lui a rabâché pendant des mois qu'elle aurait du se lancer là-dedans, faire quelque chose qui pourrait la tenir captivée pour le restant de ses jours, mais Shannon elle pense qu'on peut vivre de plusieurs amours, s'abreuver à plus d'une source. Elle aime ce sentiment de liberté, quand elle fait quelque chose parce qu'elle veut le faire, sans connaître la moindre règle pour l'arrêter. Elle aime être désordonnée, ce qu'elle appelle son "bordel organisé", sauter des éléments de son planning pour se donner l'impression que la vie n'a pas la main prise sur elle.

Dans les études, Shannon est... irritante. C'est une jeune femme très intelligente, qui a la passion d'apprendre. Le problème, c'est qu'elle apprend tout ce qui ne lui servira à rien, selon les critères de l'éducation nationale. Elle retient facilement des détails tout bêtes mais rame quand il s'agit de ses cours. Pire, elle s'endort fréquemment. Si elle peut paraître très énergique, la mettre devant un cahier aura très certainement pour effet de la pousser au sommeil. Jusque là, elle s'en est toujours sortie parce qu'elle travaille dur et en accéléré à l'approche des périodes d'examens, rattrape maladroitement tout les devoirs qu'elle n'a pas rendu et pour lesquels ses professeurs voudraient certainement voir sa tête danser au bout d'une pique.

Sentimentalement parlant, Shannon a énormément de mal à se faire au sérieux des choses. Elle ne sait pas dire "je t'adore" ou "je t'aime", ce sont des mots trop lourds pour elle. Elle papillonne, se console, mais elle sait pertinemment que ses sentiments sont ailleurs, avec lui, ce qui blesse les autres et lui ajoute une nouvelle raison de ne pas approuver la personne qu'elle est. Quand il l'appelle elle ne sait pas quoi dire ; elle se contente d'écouter sa voix, sa respiration, d'imaginer sous tout ça le palpitant de son cœur comme pour retrouver sa berceuse favorite. Il la hante, jour et nuit, et elle refuse de faire sa vie sans lui, malgré les rumeurs et les vilenies toutes plus vicieuses les unes que les autres.

Elle, elle le connait. Elle braille la vérité quand on veut lui faire voir ce qui, pour elle, n'est pas vrai. Ce qui ne devrait être vrai aux yeux de personne.

Physique


Taille : 1m54.
Poids : 49 kilos.
Carnation : Caucasienne.

Couleur cheveux : Bruns.
Détails : Ses cheveux sont courts. Ils remontent contre sa nuque à l'arrière, et tombent à l'avant à peu près au niveau de son menton dans un carré plongeant. Son front est couvert par une frange droite lui arrivant un peu sous les sourcils. Généralement, elle porte des extensions, lesquels lui arrivent en général soit aux épaules soit jusqu'entre les clavicules, la partie arrière dans le haut du dos au niveau des omoplates. Ils sont naturellement lisses, mais elle les faire parfois onduler ou boucler pour avoir une apparence plus sophistiquée et mature. Elle les attache très rarement, par dégoût de toujours s'en arracher quand elle doit retirer l'élastique.

Couleur des yeux : Noisettes.

Style vestimentaire : Toujours élégante, soignée, elle aime le style un peu rétro, fleuri ou cozy, et tout particulièrement girly. En été elle optera pour des short, des robes courtes ou mi-longues et des jupes. En hiver, d'avantage pour des jeans fins ou des shorts, ses jambes couverts par des collants. Elle aime également choisir selon des critères très spécifiques ses vêtements, pour s'assurer qu'ils soient toujours agréables au toucher. Chez elle, en totale opposition à son attention quotidienne, elle traînasse souvent en pyjama ou avec le bien connu combo t-shirt/culotte. Elle aime être pieds nus, s'amuse de marcher sur la pointe des pieds. Elle ne porte jamais de bagues, mais agrémente ses tenues de bracelets ou de colliers. Pas de boucles d'oreilles, lesdites oreilles n'étant pas percées.

Éléments particuliers : Une série de cicatrices dans le bas de son dos, qui ressemble à une lacération. Un siège, pendant son adolescence, dont le dossier était un échec et qui l'a abîmée sévèrement, sans qu'elle n'y prête attention. Quelques grains de beauté çà et là, dont un juste en dessous de sa clavicule droite.  Le tatouage d'un attrape-rêve aux plumes et perles colorées, dans le dos, entre ses omoplates.

Condition physique : Moyenne. Elle souffre de migraines chroniques et est allergique au froid.

Histoire


Un souvenir. Inutile.

- Eh. Say. Who came up with the idea to describe life so bluntly ?
- ... What do you mean ?

Leurs yeux se croisent. Après avoir observé le plafond ; bercés par les zones plus sombres, tachetées, comme s'il avait s'agit de leur ciel étoilé, avant que leurs fragiles têtes ne se tournent l'une vers l'autre. Lui, assit au sol, le dos contre la barre horizontale du lit. Elle, allongée dans ce dernier, un bras ballant dont la main traînasse dans le vide au-dessus de son crâne et les jambes relevées, ses talons contre le mur contre lequel est installé son support. Elle contemple, la question de quelques secondes, la longueur des cils offerts à sa vue, puis détourne le regard. Quelque chose la pique à la poitrine, comme une nuée de dards. Pourtant, la blessure est plaisante, précieuse. Une main un peu lasse, dans un mouvement mou, se lève pour lui passer sur le visage, en chasser les mèches qui ont glissé.

- Life. Four letters. It's supposed to describe your birth, the time you're living, and your death. Not only 'goes for you, but for everyone else too.
- I don't know. We shouldn't complain though, in French it's even shorter.
- Really ?
- Yep. Three letters : v, i and e.

Du coin de ses yeux, son champ de vision se perd sur le mouvement de ses lèvres épelant le mot. Elle entre-aperçoit un instant ses dents, légèrement tâchées par sa forte consommation de cigarettes. Elle lui a déjà dit d'arrêter, que c'est mauvais pour sa santé, mais il l'écoute tant que l'une de ses mains, le dos de son avant-bras appuyé contre le genou de la jambe qu'il a replié, a coincé un vicieux bâton de nicotine entre ses épais doigts. La danse de la fumée, ondulant presque sensuellement dans l'air, l'enveloppe dans un quelque chose qu'elle ne saurait pas décrire autrement qu'en usant du mot "hypnotisant", et elle ferme les yeux pour échapper à ce moment où son esprit ne sait pas mieux faire que de se raccrocher aux détails. Tant de détails, qu'elle se refuse à oublier.

Depuis quelques temps, ils n'osent plus se regarder. C'est cette esquive perpétuelle, à peine troublée par leurs œillades furtives, qui alourdit l'atmosphère. La boule au ventre, elle n'ose pas aborder le sujet qui, elle le sait, fâche. Pourtant, comme s'il lisait dans son esprit, il vient la consoler en levant un bras, sa main venant dans une posture étirant douloureusement son épaule lui caresser une pommette. Comme un chat auquel son propriétaire aurait manqué, elle frotte sa peau froide contre ses phalanges ; chaudes, rassurantes, les plissures lui ramenant quelques chose de familier auquel se raccrocher, et retient de toutes ses forces le soupir désemparé que ses petites mains, tremblant légèrement, trahissent.

- I'll miss you.
- I know.

Il ne le dira pas. Ce "moi aussi", qu'elle désire comme le fruit interdit convoité par Ève, leurrée par la promesse de la connaissance. Elle, elle sait pertinemment qu'il ne franchira pas ses lippes. Il ne l'a jamais dit, et elle se doute qu'il ne le dira jamais. Les mots, ce n'est pas pour lui. Ils ne savent pas correctement décrire ce qu'il ressent, ils sont trop simples et compliqués à la fois. Souvent, elle se moque : il correspond sans mal au cliché du sportif décérébré qui fonce au rugby mais ne saurait pas lire un poème sans balbutier. Et il rit, d'un air à moitié gêné et à moitié convaincu, en se frottant le menton, lisse, de sa grosse main. Il est beau, mais tend à être idiot parce que c'est comme ça que ça fonctionne. Et elle, plus simple, se plaisant dans sa banalité, qui rit de ce terrible scénario à l'eau de rose, trop connu et trop souvent répété pour qu'elle ne sache pas où il les mènera.

En venant glisser sa main contre la sienne elle entrelace leurs doigts, et lui jette enfin ce regard lourd de sens. Dans ses yeux, elle parvient à voir son propre reflet, mais échappe de peu dans ce minuscule monde à distinguer pour elle-même les larmes qui perlent déjà avant de rouler en fine pluie, enjambant pour l'une d'entre elles l'arête de son nez pour rejoindre sa comparse, perdue quelque part près de la tempe qu'elle a écrasée contre les draps vert menthe. En se fondant dans le tissu, les larmes laissent une tâche plus sombre, et elle repense dans un coin de sa tête aux tâches au plafond. Leur ciel. Coincés entre ces deux "paradis" sans jamais avoir obtenu l'accès à l'un d'entre eux, elle haït l'existence entière de ce triste destin.

Le destin, d'ailleurs, elle n'y a jamais cru. Jamais avant de l'avoir rencontré. Jamais avant d'avoir comprit qu'il existait quelqu'un sur cette basse Terre qui puisse la comprendre. C'est ridiculement amoureux, ça lui donne la nausée, mais il est comme sa seconde partie. Avec lui, elle se sent complète. Avec lui, elle se lasse à son tour des mots : elle pense et il répond en phrases frôlant souvent le monosyllabique. A petits pas, leurs enchaînements de notes progressent dans la création de leur symphonie. Ce qui lui fait tant de peine, c'est que bientôt ce sera la tombée des rideaux.

Elle roule, si difficilement maintenant que son corps lui paraît être fait du plomb de sa tristesse, et se pose sur le ventre. Au travers de son débardeur, elle parvient à sentir la sensation humide de ses pleurs, un cercle informe qui lui donne l'étrange envie de se gratter, mais tâche de s'en retenir. Potentiellement leur dernier moment ensemble avant très longtemps, c'est une accablante réalité qui la poursuit.

Sa main unie à la sienne se libère lentement, venant avec sa sœur entourer le visage du jeune homme qui la fixe, si bien qu'il se tourne finalement à son tour également pour se poser sur les genoux et pouvoir plus facilement accéder au nirvana de son visage. Le carré de ciel bleu des traits qu'il a redessiné mille fois du bout de ses doigts alors qu'ils s'animaient, se mouvaient sous les assauts de la passion qu'il déversait sur elle. A sa façon, comme s'il avait toujours su, il s'était toujours arrangé pour déposer sa marque sur elle, au creux de ses cuisses. Il y avait créé sa cachette, mélangé à elle, à l'abri de tout et du "rien" qui leur faisait à tout les deux si peur. Naïvement, ils avaient convenu que c'était là leur façon de s'aimer. Sans mots, si ce n'était les onomatopées de leurs silhouettes pressées l'une contre l'autre.

Elle se glisse, pousse sur ses coudes pour s'avancer sur les draps, jusqu'à ce que son équilibre ne se jette dans le vide de la chute du lit, son ombre sur le mur de la pièce mal éclairée semblant se fondre dans celle de son comparse comme si elle avait été un prédateur se laissant coulisser jusqu'à sa proie. Et elle tombe. Tombe dans les bras qu'il ouvre pour elle après avoir, à la hâte, écrasé le nez de sa cigarette à moitié consumée dans le cendrier de fortune, un verre qu'elle lui a apporté plus tôt. Le bâtonnet de nicotine crie, à l'agonie une poignée de secondes, puis c'est le silence. Ils l'acceptent tout deux ainsi. Assise à califourchon sur l'amant qui s'est laissé aller à s'allonger sur le sol, elle serre la mâchoire avec insistance. Sa langue collée à son palais, rendant difficile d'avaler sa lourde salive, elle étouffe une sorte de hoquet auquel il répond par un petit rire.

Les notes l'achèvent, et elle secoue la tête vigoureusement de droite à gauche. Impossible de les fuir, les sanglots secouent son petit corps. Il se redresse, plantant l'un de ses coudes sur le bulgom, désireux de l'enlacer. Pourtant elle repousse son autre bras, agite les siens avec l'énergie du désespoir pour le chasser. Il grogne, sa voix résonnant d'une gravité peu commune, avant de ne se saisir de ses poignées. Emprisonnée, elle n'ose plus les bouger par crainte de se faire mal en se confrontant à sa force. Une force qu'elle aime plus que de raison, qu'il a toujours déployé si gentiment. Sa tête basse, elle regarde vaguement entre le voile brumeux de ses larmes et les mèches de ses cheveux le torse à découvert bardé, zébré, de griffures encore rosées. Les siennes : sa marque à elle, son emprunte.

- I'll die, if you go.
- You won't, Sha.
- I will.

Il la fixe encore, et ses iris la transpercent de part en part. Quelque part, il attrape son âme et l'enserre, la tord pour qu'elle puisse tenir dans la paume de sa main. Il ne le fait peut-être pas volontairement, mais elle sait qu'elle se perdra elle-même quand il partira parce qu'il emmènera tout avec lui. Ça, il le sait au moins autant qu'elle. Ainsi attachés, leurs vies unifiées, il détruira un mur de leur temple en mettant le pied hors de celui-ci, et toute la douleur du monde s'empressera de s'y glisser, assassine. Et c'est la raison pour laquelle il ne rattrape pas la phrase, laissant les mots se perdre dans le vide de la pièce étroite, dont les murs sont imbibés de l'odeur de leur amour, leur innocence ayant quitter leurs enveloppes.

Ils ne comprennent plus. L'espace d'un instant, ensemble, ils échangent des regards piqués de confusion, malgré de vouloir jouer leur rôle et tenir bon jusqu'à la dernière minute qu'il leur est donné de partager. Tout ce qu'ils souhaitent, c'est continuer à jouer la comédie. Etre là, et s'aimer jusqu'à la fin. Bien qu'ils sachent pertinemment que ce qu'ils attendant ne soient pas une fatalité en soi, les conversations lorsqu'elles abordent ce "détail" sont toujours dramatiques. Comment mesurer une peine que l'on ne connait pas encore ? Comment comprendre parfaitement quelque chose que l'on a pas encore vécu ? Les faits sont là : il va se jeter en pâture derrière un rideau de barreaux, quand elle brûlera, seule, sur la scène de la pièce théâtrale de leur histoire.

Le couperet s'abat encore et encore, et elle sent un lourd poids sur sa tête, frappant violemment l'arrière de celle-ci. Son corps se courbe, dans un réflexe de pure défense, et elle vient se blottir de tout son être contre lui. Elle aimerait tant pouvoir se fondre dans sa peau, réellement faire partie de lui afin qu'il puisse l'emmener avec lui là-dedans, là-bas. Il relâche ses poignets, et vient glisser ses doigts à ses hanches, recouvrant les courbes de sa femme pour préserver l'illusion de leur cocon un peu plus longtemps.

- I promise I'll-

Elle le coupe, sèchement, plaque son pouce contre ses lèvres avant d'en longer la forme. Elle veut pas de promesses, pas une seule, si c'est pour avoir une raison de le haïr. Elle ne veut pas pouvoir dire qu'il n'a pas tenu parole, elle préfère encore le glacial silence, le vide abyssal de leur avenir incertain. En tant que couple, mais également en tant qu'individus, elle ne veut pas avoir d'images d'un futur qu'ils ne partageront peut-être plus. Ironiquement, sa tête en est remplie. Elle voit par flash de pensées, comme une biche aveuglée par des fards au cœur de la nuit, des brides de fantasmes. L'utopie qu'elle leur souhaite, qu'elle désire, mais qu'elle ne désire pas effleurer de peur d'en perdre pied, d'en perdre la raison. Pas de promesse, c'est ce que ses yeux lui disent, une autre supplique à l'agonie, alors que la lame virevolte, vrille sa tempe droite.

Ils disent que ça va, parce que ça n'arrive qu'aux autres. Ils ne voient pas ce que ça fait, quand les autres c'est vous. Peu importe le temps, elle veut se convaincre qu'elle l'attendra, qu'elle veillera, qu'elle comptera les jours s'il le faut, qu'elle n'écoutera pas les autres. Dans sa tête elle se dit qu'il va à la guerre, sa propre guerre, et qu'elle doit le soutenir dans cette épreuve comme elle l'a toujours fait. Elle a décidé que rien ne les sépareraient jamais. Le mot volette entre les griffes de sa cage thoracique, encagé comme tout le reste.

Un souvenir, comme tant d'autres, qu'elle ne peut pas effacer. Duquel ses pensées ne veulent pas se détourner.

Elle rapproche son visage du sien, venant passer ses bras à son cou dans l'espoir que ce geste puisse suffire à le retenir. Et ses lèvres viennent se presser contre les siennes, une rencontre qui n'aurait rien à envier à la douceur du miel et du sucre. Son souffle s'écrase contre le sien, un souffle vital, pendant de longues secondes avant qu'elle ne dépose la tête contre son torse en se glissant plus bas sur ses cuisses. Là, les percutions du tambour de guerre résonnent, et elle ferme les yeux sur ce rythme, émettant un naïf vœu. Pourvu que ce ne soit pas la dernière fois...

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Pseudonyme : bittersweet
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Âge : j'ai arrêté de compter à dix-huit
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Commentaire : commentaire

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Morgan K. Walker
I'm the big bad ♦️ w o l f
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Messages : 273
Date d'inscription : 25/09/2018
Localisation : Tu veux pas savoir 8)
Mer 10 Oct - 18:05
Coucou et bienvenue à toi ♥️
En étant né après septembre et étant en 1ère année de master, ton personnage devrait avoir 21 ans (allant sur ses 22) ! Sinon, pour avoir 22 ans, elle doit être née avant septembre =3 Il faudra également préciser son année de naissance, qui est de 1997 ! o/ (si on reste sur l'idée qu'elle en a 21 après septembre ou 22 avant ! Si tu préfères plutôt la passer en L3, ça sera 1998 Wink )

En tout cas, bonne chance pour ce petit bout ♥️

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Messages : 43
Date d'inscription : 10/10/2018
Mer 10 Oct - 18:18
Coucouuu & merci. ♥️
Merci aussi pour le petit coup de main : j'avais changé sa date de naissance en cours de route et forcément, au bout d'un moment ça m'a paru confus à moi-même. Je lutte toujours avec les dates, call me stupid it's fine. ~ (On en parle du fait que je suis ton soixante-neuvième message ? 8") winkwink then dies)
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Félix O'Brien
King and Queen
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Messages : 88
Date d'inscription : 06/09/2018
Jeu 11 Oct - 8:21
Bienvenue Shannon. Si tu a besoin je suis la. J'adore ton avatar elle est mignonne (j'adore l'anime aussi), j'ai hâte de voir le restant de ta fiche. Plein de bisous, de câlins et de cookies.

_________________
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Messages : 122
Date d'inscription : 03/10/2018
Jeu 11 Oct - 10:20
Bienvenue ~

Bon courage pour ta fiche, j'ai hâte d'en savoir plus sur ton perso Wink

_________________
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Messages : 43
Date d'inscription : 10/10/2018
Jeu 11 Oct - 14:29
Merci beaucoup à vous deux, c'est zentil. ♥️
J'ai pondu un souvenir pour l'histoire, histoire (dabumtss) de dire et mettre quelques pistes, mais je reprendrai le caractère là où j'en étais quand ma co arrêtera de sauter et que FA voudra bien ne plus faire de maintenance quand je veux poster. =")

Hang in there, des trucs arrivent !

_________________
Merci Morgan trop chou pour le kit ! ♥️

Défis rp:
 
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Marie-Belle Lefevre
P U L S E •• lady of heart •••
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Messages : 168
Date d'inscription : 09/10/2018
Localisation : Au côté de Camisole et de Boule de Neige
Jeu 11 Oct - 22:47
Oh, elle est chou la petite Sha ♥️ !
J'aime tout particulièrement ton histoire, j'adore ton style d'écriture ! Surprised
Bienvenue sinon, j'ai hâte de voir inrp ♥️

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I can't stop this feeling I'm out of control
fiche | liens | aesthetic | theme
   




Je te hais tu le sais Darwin ♥ ?
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Messages : 43
Date d'inscription : 10/10/2018
Jeu 11 Oct - 22:54
Merciiiii, c'est adorable ! ♥️
En général je rp plus à la cool, du coup ça va me faire du bien de rp de nouveau avec un style d'écriture plus proche de mon favori/initial. J'espère que ça plaira autant aux autres qu'à toi et qu'à moi. :"3

Et j'en profite pour glisser que ma fiche est terminé ! ~

_________________
Merci Morgan trop chou pour le kit ! ♥️

Défis rp:
 
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Narrateur
King and Queen
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Messages : 168
Date d'inscription : 03/09/2018
Jeu 11 Oct - 23:08
Tu es validé(e) !

Je n'ai qu'un mot a dire "J'adore". J'aime beaucoup ton personnage et j'ai vraiment hâte de voir comment elle va évoluer en rp. C'est avec un grand plaisir que je te valide.

Tu es validé(e) et tu rejoins les Poor.

Tu pourras recenser ton avatar, faire ta fiche de relation ainsi que ta demande de chambre et demander un rp, etc. si tu le souhaites !

Ah ! Et va faire ta demande d'adoption ! Nous rappelons que les poor ont obligation d'avoir un rich, alors autant que tu ailles donner tes propres conditions, au lieu que quelqu'un ne te soit assigné par défaut !

Et pense que tu as aussi le droit depuis ton inscription, à passer nous voir sur le Discord !

Bienvenue dans l'aventure Rich and Poor, jeune jedi ♥️


_________________
Pensez à voter toutes les 2h ♥️


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